Nouveau à Genève — 15 juillet 2026
Escroquerie numérique : la pré-plainte en ligne est enfin disponible à Genève
Faux conseiller bancaire, achat jamais livré, usurpation d’identité ou petite annonce frauduleuse : les victimes peuvent désormais préparer leur plainte depuis chez elles avant de la finaliser dans un poste de police.
En 30 secondes
- La police cantonale genevoise a ouvert son service officiel de pré-plainte en ligne.
- Il concerne notamment les cyberescroqueries et les usurpations d’identité commises par un auteur inconnu.
- Le dossier est préparé à distance, puis finalisé et signé lors d’un rendez-vous au poste.
- La démarche est gratuite et l’attestation destinée à l’assurance peut être remise à la signature.
- En cas de paiement frauduleux, il faut appeler la banque immédiatement, sans attendre le dépôt de plainte.
Pour comprendre les principaux pièges et savoir comment réagir en Suisse, consultez également notre page Arnaques numériques en Suisse : reconnaître les pièges, réagir et se protéger .
Une vraie avancée pour les victimes
Les escroqueries numériques se multiplient : faux messages bancaires, appels de prétendus policiers, comptes WhatsApp piratés, boutiques fantômes, investissements miraculeux, faux supports techniques ou annonces trop belles pour être honnêtes — ce qui, sur Internet, constitue déjà un indice assez solide.
Après le choc, beaucoup de victimes hésitent encore à porter plainte. Elles redoutent l’attente, ne savent pas quelles preuves apporter ou éprouvent des difficultés à raconter une succession de messages, d’appels et de paiements parfois confuse.
Depuis le 15 juillet 2026, Genève permet de commencer cette démarche à domicile. La pré-plainte transmet les premières informations à la police, prépare le dossier et rend le passage au poste plus rapide et plus utile.
Quelles escroqueries sont concernées ?
Le dispositif vise les pré-plaintes contre inconnu pour certaines infractions contre le patrimoine et certaines cyberescroqueries. Il peut notamment être adapté aux situations suivantes :
- achat payé sur Internet mais jamais livré ;
- fausse boutique en ligne ou fausse petite annonce ;
- fausse annonce immobilière ;
- utilisation frauduleuse de données personnelles ;
- usurpation d’identité ;
- escroquerie commise par courriel, SMS, messagerie ou réseau social ;
- certains vols et dommages à la propriété lorsque l’auteur n’est pas connu.
Lorsque l’auteur est identifié, que les faits sont complexes ou qu’une intervention immédiate est nécessaire, le contact direct avec la police reste la meilleure voie.
Qui peut utiliser la plateforme ?
Selon la police cantonale genevoise, le service est accessible :
- aux personnes de nationalité suisse pour des faits commis en Suisse ou à l’étranger ;
- aux personnes résidant en Suisse pour des faits commis sur le territoire suisse ;
- aux personnes ne résidant pas en Suisse lorsque les faits se sont produits à Genève.
La plateforme est annoncée comme disponible en cinq langues.
Comment préparer un dossier utile ?
Une escroquerie numérique laisse presque toujours des traces. Même insignifiantes en apparence, elles peuvent permettre de rapprocher plusieurs affaires ou de retrouver un compte, un numéro, une adresse ou une méthode déjà connue.
Conservez notamment
- les courriels, SMS et conversations WhatsApp ;
- les captures d’écran des annonces, profils et sites concernés ;
- les numéros de téléphone et adresses électroniques utilisés ;
- les IBAN, références de paiement et relevés bancaires ;
- les factures, reçus, confirmations de commande et numéros de colis ;
- les dates et heures des appels ou échanges ;
- une chronologie simple de ce qui s’est passé.
Ne supprimez pas les messages sous le coup de la colère. Avant de bloquer l’escroc, effectuez les captures nécessaires et notez les informations encore visibles.
Pré-plainte, signalement et urgence : ne les confondez pas
Le signalement
Signaler un cyberincident à la police ou à l’Office fédéral de la cybersécurité aide les autorités à détecter les campagnes frauduleuses et à avertir la population. Mais un signalement ne remplace pas un dépôt de plainte.
La pré-plainte
Elle prépare la plainte officielle, rassemble les premières informations et organise le passage au poste.
L’urgence
En cas de menace, de chantage en cours, de danger immédiat ou de situation nécessitant une intervention rapide, n’attendez pas devant un formulaire : appelez la police au 117.
De l’argent vient de partir ? La banque d’abord
La pré-plainte facilite la démarche policière, mais elle ne doit jamais retarder les mesures urgentes. Si vous venez d’effectuer un paiement ou de transmettre des données bancaires :
- Appelez immédiatement votre banque et demandez si le paiement peut encore être bloqué ou rappelé.
- Faites opposition à la carte si ses données ont été communiquées ou utilisées.
- Modifiez les mots de passe compromis, en commençant par l’adresse électronique principale.
- Prévenez la plateforme concernée : site de vente, réseau social, service de paiement ou opérateur.
- Rassemblez les preuves, puis effectuez la pré-plainte ou rendez-vous au poste.
Même pour une petite somme, faut-il porter plainte ?
Beaucoup de victimes renoncent parce qu’elles n’ont perdu « que » 50, 100 ou 200 francs. Pourtant, la même escroquerie peut viser des dizaines ou des centaines de personnes.
Chaque plainte peut apporter une pièce supplémentaire : un compte bancaire, un numéro de téléphone, une adresse électronique, un faux site ou un mode opératoire commun.
Porter plainte ne garantit pas que l’argent sera récupéré. Ne rien déclarer garantit surtout que l’escroc travaillera dans un confort administratif assez enviable.
Et si vous avez honte ?
Les arnaques modernes ne reposent pas seulement sur la naïveté. Elles exploitent l’urgence, la peur, la confiance, l’autorité, la fatigue et des scénarios de plus en plus crédibles.
Des personnes prudentes et parfaitement à l’aise avec l’informatique peuvent être trompées. La honte est l’une des meilleures alliées des escrocs : elle retarde l’appel à la banque, la sécurisation des comptes et le dépôt de plainte.
Vous n’avez pas à avoir honte d’avoir été trompé. Vous devez maintenant vous protéger.
Sans panique : la bonne réaction en cinq étapes
- Coupez le contact avec l’escroc sans effacer les échanges.
- Contactez la banque si de l’argent ou des données bancaires sont concernés.
- Sécurisez vos comptes et modifiez les mots de passe réellement compromis.
- Rassemblez toutes les preuves dans un même dossier.
- Effectuez la pré-plainte ou rendez-vous rapidement dans un poste de police.
FAQ
Peut-on déposer toute la plainte depuis son domicile ?
La pré-plainte est-elle payante ?
Peut-on l’utiliser lorsqu’on connaît l’auteur ?
Faut-il attendre d’avoir toutes les preuves ?
Un signalement à l’Office fédéral de la cybersécurité suffit-il ?
AUCOEURDUMAC® peut-il porter plainte à la place de la victime ?
À retenir
Genève franchit une étape utile : la victime peut désormais préparer son dossier chez elle, limiter l’attente et arriver au poste avec une plainte plus claire.
Mais la pré-plainte ne remplace ni la signature au poste, ni l’appel urgent à la banque, ni la sécurisation des comptes et appareils compromis.
Pour comprendre les principaux pièges et savoir comment réagir en Suisse, consultez également notre page Arnaques numériques en Suisse : reconnaître les pièges, réagir et se protéger .
Sources officielles : communiqué de la police cantonale genevoise du 15 juillet 2026 et page officielle « Déposer plainte ».


