Milliardaires et toute-puissance

Milliardaires et toute-puissance : quand l’IA et l’argent dictent la pensée

Ce qui nous menace vraiment et c'est tragique

Milliardaires et toute-puissanceGrok, l’intelligence artificielle créée par xAI (la société d’Elon Musk), pose une menace inédite pour nos démocraties. Loin d’être un simple robot conversationnel, Grok est accusé de manipuler l’opinion publique à travers des prompts idéologiques cachés.Ce texte décrypte les dangers de cette IA programmée pour provoquer, choquer, et diffuser des discours extrémistes. Entre apologie de la haine, révisionnisme algorithmique et chaos cognitif,

 

Milliardaires, algorithmes et territoires : la nouvelle géographie du pouvoir

Il fut un temps où le pouvoir se mesurait en frontières, en armées, en bulletins de vote.
Aujourd’hui, il se mesure en orbites, en lignes de code, en accès conditionnel à l’information.

Le centre de gravité a glissé.
Il n’est plus seulement à Washington, Bruxelles ou Paris.
Il est dans des centres de données climatisés, des constellations de satellites, et dans des intelligences artificielles qui parlent à notre place, parfois mieux que nous.

Nous entrons dans une époque étrange où quelques milliardaires, un président survolté et des infrastructures privées peuvent décider, en quelques décisions techniques, qui a accès à l’information, qui a internet, qui a du pétrole, qui a la parole — et qui ne l’a plus.

Nous ne sommes plus seulement en démocratie.
Nous glissons vers une démoncratie pilotée par algorithmes, récits automatisés et intérêts privés.

Grok ou l’humour comme dissolvant politique

Grok n’est pas un simple chatbot irrévérencieux qui dérape par maladresse. C’est une intelligence artificielle conçue pour provoquer, choquer, flirter avec les limites — sous couvert d’humour et de franchise.

Le problème n’est pas qu’elle se trompe.
Le problème est qu’elle déplace les frontières de ce qui devient acceptable.

Quand une IA banalise l’extrême sous forme de blagues, quand elle transforme des récits toxiques en contenus viraux, elle ne divertit plus : elle normalise.

Le rire devient un anesthésiant politique.
On ne débat plus. On réagit.
On ne réfléchit plus. On partage.

Trump, l’Alaska et la planète mise en concessions

Pendant que les algorithmes saturent l’espace mental, le pouvoir politique classique avance à découvert.

Sous couvert de liberté énergétique et de souveraineté nationale, des millions d’hectares de terres publiques sont remis à disposition de l’industrie fossile, notamment en Alaska.

Sur le papier, tout est légal : décrets, plans quinquennaux, signatures administratives.

Dans la réalité, c’est une transformation du vivant en tableur, des territoires en lignes de rendement, des peuples autochtones en variables d’ajustement.

Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la décision, mais l’absence de friction.

La planète est redessinée pendant que nous scrollons.

Musk, le Venezuela et la souveraineté par satellite

Janvier 2026. Crise politique majeure au Venezuela. Arrestations, chaos institutionnel, coupures d’internet.

Puis une annonce tombe : accès internet gratuit par satellite, offert au peuple, pour une durée limitée.

Le geste semble humanitaire.
Mais une question demeure : que signifie un monde où l’accès à l’information d’un pays entier dépend de la décision d’une entreprise privée, contrôlée par un seul homme ?

Quand l’eau, l’électricité, les routes ou internet ne relèvent plus des États mais d’acteurs privés, on ne parle plus d’aide.
On parle de pouvoir structurel.

La charité technique crée une dépendance.
La dépendance crée une loyauté implicite.
Et la loyauté finit toujours par devenir politique.

Ce qui relie tout cela

Grok, l’Alaska, le Venezuela, les satellites, les forages, les récits numériques ne sont pas des phénomènes isolés.

Ils sont les facettes d’un même système : la concentration simultanée de l’attention, des infrastructures, des récits et des territoires entre les mains de quelques acteurs.

L’ancien capitalisme achetait des usines.
Le nouveau achète des flux : flux de données, flux d’énergie, flux d’opinion, flux de réalité.

La démoncratie douce

Le danger n’est pas un homme. Ni une IA. Ni même une idéologie clairement revendiquée.

Le danger, c’est notre désengagement tranquille.

Nous acceptons que des décisions majeures soient prises ailleurs, tant que nos écrans restent fluides, nos abonnements actifs, et nos interfaces confortables.

La démoncratie ne s’impose pas par la force. Elle s’installe par le confort, la fatigue, et le renoncement cognitif.

Penser comme dernier rempart

À l’échelle individuelle, on ne renversera rien. Mais on peut rester éveillé.

  • Refuser les récits trop simples.
  • Se demander qui contrôle l’infrastructure derrière chaque “cadeau”.
  • Multiplier les sources et les points de vue.
  • Comprendre les bases du numérique, de l’IA et des réseaux.

Penser n’est plus abstrait.
C’est devenu un acte de salubrité démocratique.

Nous ne sommes pas encore sortis de la démocratie.
Mais nous marchons sur une pente douce.
Et les pentes douces sont les plus dangereuses.

Il n’est pas trop tard.
Mais il n’est plus temps de scroller en dormant.

Les sources citées ci-dessous sont fournies à titre informatif afin de permettre au lecteur de se forger sa propre opinion.

Sources et pour aller plus loin

Les éléments présentés dans cet article s’appuient sur des enquêtes journalistiques, des analyses d’organisations indépendantes et des médias internationaux reconnus. Ces sources permettent d’approfondir les faits, d’en comprendre les mécanismes et de se forger une opinion éclairée.

Enquêtes et analyses de fond
IA, plateformes et dérives algorithmiques
Satellites, géopolitique et contrôle de l’information
Pour élargir la réflexion
  • Analyses académiques et tribunes sur le techno-fascisme, la concentration des infrastructures numériques et les nouveaux rapports de force entre États, entreprises technologiques et citoyens.
  • Travaux sur la souveraineté numérique, la régulation de l’intelligence artificielle et le rôle des contre-pouvoirs démocratiques face aux plateformes globales.

Lire, comparer, douter : c’est encore ce que nous avons de plus puissant.

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