Que va changer l’intelligence artificielle pour notre mobilité et notre avenir ? Ascenseur social que va changer l’IA …
1. L’ascenseur social d’hier : il montait, mais à la force des bras
Dans la France des Trente Glorieuses, l’ascenseur social fonctionnait encore, même si les marches étaient rudes.
On pouvait, à force de travail acharné, changer de condition. Mon père en fut un témoin : parti d’un emploi de mairie, il devint directeur d’un grand établissement financier et dînait parfois à la table du gouverneur de la Banque de France.
Son secret ? Pas de piston, pas de magie. Il a énormément travaillé, jour et nuit, cumulant plusieurs métiers. L’effort payait encore.
2. L’ascenseur social bloqué : génération suivante
Aujourd’hui, la situation est bien différente.
Selon l’Insee, il faudrait six générations aux enfants des 10 % les plus pauvres pour atteindre le revenu moyen. L’OCDE parle d’un “ascenseur social en panne” : les positions se reproduisent, les mobilités sont faibles.
Cette panne, je l’ai vécue à ma manière.
Après de longues études rendues possibles par les sacrifices de mes parents, j’ai travaillé dans de grands groupes (Crédit Agricole, Evian, Nivea, Thalès, Steria). Mais le salariat m’a souvent enfermé dans des rails tracés à l’avance. Refusant l’encadrement, avançant sans stratégie de carrière, j’ai pris les paliers comme ils venaient.
Pendant ce temps, d’autres ont osé se jeter dans l’arène.
3.Quand certains ont forcé les portes
Paul Morlet, parti d’un BEP et d’un poste à la SNCF, a lancé Lunettes Pour Tous et bousculé l’optique.
Moussa Camara, né en banlieue, a fondé Les Déterminés pour ouvrir l’entrepreneuriat à des milliers de jeunes.
Édouard Detrez, malgré un handicap lourd, a créé Le Fauteuil Roulant Français et traversé la France en fauteuil pour défendre son projet.
Leurs parcours rappellent qu’il est possible de grimper, à condition d’oser.
Moi, je ne l’ai pas fait assez tôt. Mais je me suis réveillé plus tard, en créant mon entreprise d’assistance informatique après la retraite. Et après tout, il vaut mieux se réveiller à 71 ans que de n’avoir jamais appuyé sur le bouton. Avec l’appareil dentaire, ce serait déjà moins confortable pour prendre la parole.
4. Les indépendants freinés, le salariat balisé
Paradoxalement, les chiffres montrent que les indépendants ont 40 % de chances en moins de progresser socialement que les salariés (Insee 2025).
Pourquoi ?
Moins de formation et d’accompagnement.
Moins de réseaux et de reconnaissance sociale.
Échec vu comme une tare, alors qu’ailleurs il devient une expérience.
Et une culture française, liée au rapport à l’argent sans doute, qui continue à diaboliser l’entrepreneur.
Résultat : le salariat offre des rails lents mais sûrs, alors que l’indépendant part souvent seul dans un escalier de secours…
5. Les dérives : quand l’ascenseur social devient un deal d’ascenseur
Quand l’ascenseur social ne marche plus, certains cherchent des raccourcis, à tout pix, fut il celui du sang des autres.
Le sociologue Dominique Duprez le résume crûment : « le trafic de drogue, c’est un peu un ascenseur social ».
Terrible constat, mais révélateur : sans perspectives légitimes, les jeunes trouvent des substituts destructeurs et ce n’est malheureusement pas prêt de s’arrêter.
6. L’IA : menace ou opportunité d’ascenseur social ?
IA menace ou opportunité pour progresser, IA menace ou opportunité d’ascenseur social
Nous sommes à un tournant majeur.
L’intelligence artificielle peut devenir bientôt :
Soit, un censeur social 🚫 : en détruisant des emplois d’exécution, en accentuant les inégalités, en réservant ses bénéfices aux mieux connectés.
Soit, un I-ascenseur social 🛗 : en démocratisant l’accès à la création, en réduisant les coûts, en donnant à chacun la possibilité de produire, d’innover, de s’exprimer avec quelques garde-fous et des facilités.
Mais attention : l’IA sans sœur sociale, ça fait BOUM 💥.
Sans accompagnement humain, sans pédagogie, sans mentorat, sans empathie, elle exclura plus qu’elle n’inclura.
7. Lever les freins administratifs et fiscaux : la clé en France
que devient l’ascenseur social
En France, l’ascenseur commence toujours avec un boulet aux pieds mis au candidat :
Cotisations et obligations dès la création, même avant d’avoir gagné un euro.
Fiscalité par tranches qui décourage l’effort supplémentaire, et rend quasi illusoire l’enrichissement et la montée dans l’échelle sociale.
Message implicite : “ne t’enrichis pas trop vite, reste dans ta case”.
En Suisse, au contraire, la simplicité et la lisibilité dominent. Le guichet unique EasyGov centralise les démarches, et l’entrepreneur est vu comme un acteur utile à la société, pas comme un suspect.
Sans réforme, l’apport potentiel de l’IA restera bridé par un système d’un autre age, qui freine au lieu d’encourager.
8. Conclusion : progresser ou disparaître
IA : progresser ou disparaître
L’IA est déjà là, partout, et bientôt elle déferlera comme un Tsun’AI sur le monde de l’emploi et du travail. Comme la roue, l’électricité ou internet, la vague IA repartira pas en arrière.
La question n’est pas “faut-il l’accepter ou la refuser ?” mais “comment s’en servir pour monter plutôt que tomber ?”.
L’IA, avec une sœur sociale → elle peut devenir le plus grand accélérateur de mobilité depuis les Trente Glorieuses.
L’IA, sans cette soeur → devient un couperet, un censeur social, un piège qui brise les rêves.
À chacun de choisir : rester sur le palier… ou appuyer sur le bouton.
📌 Encadré “Chiffres clés”
40 % : probabilité en moins pour un indépendant de progresser socialement vs un salarié (Insee 2025).
6 générations : temps nécessaire aux enfants des plus pauvres pour atteindre le revenu moyen (OCDE).
CFE : exonération la 1ʳᵉ année puis due selon CA et communes (France).
2–4 semaines : délai moyen d’immatriculation d’une société en Suisse (EasyGov).
🔗 Sources
Insee (2025) : Ascension sociale : plus fréquente pour les salariés que pour les indépendants.
OCDE (2018) : A Broken Social Elevator? How to Promote Social Mobility.
Service-public.fr : micro-entreprise (cotisations, CFE).
EasyGov – Confédération suisse : guichet unique de création d’entreprise.
La Dépêche (2021) : Dominique Duprez, trafic de drogue comme ascenseur social.
Biographies : Paul Morlet (Lunettes Pour Tous), Moussa Camara (Les Déterminés), Édouard Detrez (Le Fauteuil Roulant Français).




