
Localiser un proche entre iPhone et Samsung : 3 méthodes fiables, avec son accord
Vous voulez savoir où est votre conjoint, votre ado en sortie, ou votre parent âgé en chemin chez le médecin. Vous êtes sur iPhone, la personne en face est sur Samsung — et votre app « Localiser » ne la voit pas. Ce n’est pas vous qui vous y prenez mal : Localiser ne parle qu’aux appareils Apple. Mais il existe trois solutions très fiables pour franchir le pont entre les deux mondes, dans les deux sens.
Le principe avant la technique : le consentement
Avant toute manipulation, une règle non négociable : on ne localise jamais quelqu’un à son insu. En Suisse comme dans toute l’Europe, géolocaliser une personne sans son accord explicite relève de l’atteinte à la vie privée — y compris au sein d’un couple ou d’une famille. Les trois méthodes présentées ici reposent toutes sur un partage volontaire : la personne installe, accepte, et garde le contrôle. Elle peut couper le partage à tout moment, d’un seul geste.
C’est justement ce qui rend ces outils acceptables sur la durée. Un partage consenti se vit comme un service mutuel — « je te dis où je suis pour te rassurer » — pas comme une surveillance.
En un coup d’œil : quelle méthode pour quel besoin
| Solution | Idéale pour | Durée | Mise en place |
|---|---|---|---|
| Google Maps | Suivi durable (parent âgé, ado) | 1 h à illimitée | Simple |
| Ponctuel (rendez-vous, trajet) | 15 min à 8 h | Immédiate | |
| Google Find Hub | Famille, suivi permanent bilatéral | Permanente | Plus technique |
Méthode 1 — Google Maps : la plus stable dans le temps
C’est la solution que je recommande dans 80 % des cas. Google Maps est déjà installé d’origine sur tous les Samsung, et téléchargeable gratuitement sur l’App Store pour l’iPhone.
Sur le Samsung (la personne à localiser)
- Ouvrir Google Maps.
- Toucher la photo de profil en haut à droite.
- Sélectionner « Partage de position ».
- Toucher « Nouveau partage ».
- Choisir la durée : 1 heure, jusqu’à désactivation, ou un créneau personnalisé.
- Choisir un destinataire (par compte Google) ou copier le lien à envoyer par SMS, WhatsApp ou mail.
Sur l’iPhone (vous)
Ouvrir le lien reçu. Si Google Maps est installé sur l’iPhone, le lien ouvre directement l’application et la position s’affiche en temps réel sur la carte, avec niveau de batterie de la personne suivie. Sinon, Safari fait parfaitement l’affaire — mais l’expérience est bien plus fluide avec l’app.
L’avantage : un partage en mode « jusqu’à désactivation » tient des semaines, voire des mois, sans intervention. C’est la formule idéale pour un parent âgé ou un adolescent.
Méthode 2 — WhatsApp : le plus rapide pour une occasion
Pour un rendez-vous, un trajet en cours ou une sortie ponctuelle, WhatsApp est imbattable de simplicité. Aucune installation supplémentaire si la personne l’utilise déjà.
Sur le Samsung
- Ouvrir la conversation avec la personne à prévenir.
- Toucher le trombone ou le « + ».
- Choisir « Position ».
- Sélectionner « Partager ma localisation en direct ».
- Choisir 15 minutes, 1 heure ou 8 heures.
Sur l’iPhone
La position apparaît directement dans le fil de discussion, et bouge en temps réel pendant toute la durée choisie. Aucun lien à ouvrir, aucune app supplémentaire.
Pourquoi c’est bien : le partage s’arrête tout seul à l’expiration du délai. Pas besoin de penser à le couper, pas de risque d’oublier un partage ouvert à vie.
Méthode 3 — Google Find Hub : pour les situations durables
Anciennement appelé « Localiser mon appareil », Google Find Hub est l’équivalent Android du Localiser d’Apple. Il permet à plusieurs personnes d’un cercle familial de se voir mutuellement de façon permanente, via leurs comptes Google.
C’est plus lourd à mettre en place : création ou vérification du compte Google sur le Samsung, paramétrage du partage familial, autorisations système à valider. Mais une fois en place, ça tourne tout seul. À réserver aux configurations où l’on souhaite un suivi durable et bilatéral — typiquement, une famille avec un parent dépendant, ou des enfants en bas âge.
La bonne logique, et la seule saine : la personne partage sa position avec votre compte Google à vous — vous ne vous connectez jamais avec son compte à elle. Partager un mot de passe, même « pour rendre service », mélange les comptes, fragilise la sécurité et va à l’encontre de l’esprit « avec son accord ». Chacun garde son compte, chacun garde la maîtrise de ce qu’il partage.
Côté iPhone, vous consultez ensuite les positions partagées depuis votre propre compte Google, via Safari à l’adresse android.com/find ou l’app Google Maps.
À quoi ça sert vraiment, au quotidien
La technique ne vaut que par l’usage. Voici les situations où ce partage change concrètement la vie — sans jamais tomber dans la surveillance :
- « J’arrive » sans textoter. Le proche voit votre point se rapprocher ; plus besoin d’écrire à chaque feu rouge.
- Se retrouver dans la foule. Marché de Carouge, gare de Cornavin, aéroport, salon : au lieu des « t’es où ? » répétés, on marche droit l’un vers l’autre.
- Sécuriser le trajet d’un parent âgé. Savoir qu’il est bien arrivé chez le médecin, puis rentré chez lui — sans l’appeler pour vérifier, ce qui souvent l’agace ou l’inquiète.
- Un ado en sortie. Confirmation discrète qu’il est bien là où il a dit, le temps de la soirée ; puis le partage s’arrête tout seul.
- Coordonner une famille. Qui récupère les enfants, qui est le plus proche du point de rendez-vous, qui doit encore passer aux courses.
- Côté professionnel. Un artisan, un indépendant, un chauffeur qui partage son arrivée : « je suis en route, 15 minutes », sans décrocher le téléphone.
Le point commun de tous ces cas : le partage remplace une série d’appels ou de messages anxieux. C’est moins d’intrusion, pas plus.
Pourquoi Localiser d’Apple ne fonctionne pas ici
La question revient tout le temps : « Et avec l’app Localiser, ça ne marche pas ? » Non. Localiser (Find My en anglais) est une fonction strictement réservée à l’écosystème Apple. Elle suit les iPhone, iPad, Mac, AirPods, Apple Watch et AirTag — mais aucun appareil Android. Ce n’est pas un bug, c’est un choix de conception. Inutile d’attendre une mise à jour qui ne viendra pas.
À l’inverse, Apple a discrètement ajouté un onglet « Articles » dans Localiser qui permet de retrouver certains accessoires Bluetooth tiers (Chipolo, par exemple), mais cela ne s’étend pas aux smartphones Android.
Brancher la localisation sur vos autres outils iPhone
C’est ici que votre iPhone reprend l’avantage. Même si le pont vers le Samsung passe par Google Maps ou WhatsApp, vous pouvez orchestrer toute votre journée avec les outils natifs d’iOS.
Plans (Apple) — le seul pont natif qui atteint un Samsung
Pendant une navigation dans Plans, touchez la flèche du bandeau d’itinéraire, puis « Partager l’heure d’arrivée ». Un contact sur iPhone suit votre progression sur la carte ; un contact sur Samsung reçoit un SMS avec votre heure d’arrivée, et un nouveau message si votre trajet change. Le suivi cartographique en direct reste, lui, réservé aux iPhone. Vous pouvez même l’automatiser depuis Plans > Favoris : à chaque trajet vers ce lieu, la personne est prévenue sans rien faire.
Rappels géolocalisés
Dans Rappels, créez un rappel déclenché par un lieu : « Quand je quitte le bureau, me rappeler d’écrire à maman », ou « En arrivant à la maison, prévenir mon fils ». C’est basé sur la position de votre iPhone, pas sur celle du Samsung — mais ça installe parfaitement le rituel « je préviens quand je bouge ».
Raccourcis et automatisations
L’app Raccourcis permet une automatisation personnelle déclenchée par « Arriver » ou « Quitter » un lieu. Exemple : « Quand j’arrive à la maison, envoyer un SMS ‘bien rentré’ à tel contact ». Pour un envoi automatique vers un Android, le SMS via Messages est la cible la plus fiable.
Calendrier partagé
Un événement iCloud avec un lieu déclenche l’alerte « Il est temps de partir », calculée selon le trafic. Couplé à un partage Google Maps, vous savez où la personne se trouve et ce qui l’attend. Un calendrier familial partagé complète le tableau.
À savoir — ce qui reste enfermé dans le monde Apple : Localiser, les AirTag et la fonction Accompagnement (le « Check In » qui prévient un proche que vous êtes bien arrivé) ne fonctionnent qu’entre appareils Apple. Très utiles pour le reste de votre famille en iPhone et pour vos objets (clés, valise), ils ne verront jamais un Samsung. La règle d’or : Apple pour l’interne, Google Maps ou WhatsApp pour le pont vers Android.
Confidentialité : qui voit quoi, et pendant combien de temps
Partager sa position, ce n’est pas ouvrir un livre. Encore faut-il savoir exactement ce qui circule — et ce qui ne circule pas.
Qui voit votre position
Uniquement les destinataires que vous avez choisis. Un point de vigilance toutefois : si vous partagez via un lien Google Maps (plutôt qu’à un compte identifié), toute personne qui détient ce lien peut l’ouvrir pendant la durée active. Ne le collez pas dans un groupe, ne le publiez nulle part : préférez l’envoi direct à un contact précis.
Ce que la personne voit réellement
Votre position en temps réel et, sur Google Maps, votre niveau de batterie. C’est tout. Pas vos messages, pas vos photos, pas vos autres déplacements. Et surtout : dès que vous coupez le partage, l’accès disparaît. Le partage ne laisse aucune archive chez le destinataire.
Votre propre historique, c’est autre chose
À ne pas confondre avec la « Chronologie » (Timeline) de Google Maps, qui enregistre vos trajets. Depuis fin 2024, cet historique est principalement stocké sur votre appareil plutôt que sur les serveurs de Google (le fameux « cloud », c’est-à-dire des ordinateurs distants). Il est désactivé par défaut, et sa durée de conservation par défaut est passée de 18 à 3 mois. Une sauvegarde chiffrée reste possible si vous l’activez vous-même — utile pour retrouver vos trajets en cas de changement de téléphone — mais elle aussi reste sous votre contrôle. Autrement dit : partager sa position ponctuellement ne nourrit aucun journal permanent en ligne.
Ce que dit la loi suisse
Depuis le 1er septembre 2023, la nLPD (alignée sur le RGPD européen) consacre le droit à l’autodétermination informationnelle : géolocaliser une personne suppose un consentement libre, éclairé et spécifique. Entre proches, c’est avant tout une affaire de respect — mais le principe ne bouge pas : on demande, on n’impose pas.
Tout couper en un geste : dans Google Maps, profil > Partage de position > arrêter. Dans WhatsApp, ouvrez la conversation et touchez « Arrêter le partage ». Le piège le plus courant : un partage en mode « jusqu’à désactivation » ouvert il y a des mois, et oublié depuis. Ça vaut la peine de vérifier de temps en temps qu’aucun partage ancien ne traîne.
Pourquoi il faut cocher « Localiser mon iPhone » (et « Localiser mon Mac ») — même si ça fait peur
C’est la crainte que j’entends le plus en visite : « Si j’active ça, je vais être suivi par je ne sais qui. » C’est exactement l’inverse. Cette case, dans vos Réglages iCloud, ne vous expose à personne. Elle ne fait qu’une chose : vous permettre, à vous seul, de retrouver votre propre appareil s’il est perdu ou volé.
Ce que ça vous donne : localiser votre iPhone ou votre Mac sur une carte, le faire sonner, le verrouiller à distance, afficher un message « appareil perdu » avec votre numéro, et en dernier recours effacer toutes vos données à distance pour qu’un voleur n’y accède jamais.
Et la peur d’être « pisté » ? La position de votre appareil voyage dans une sorte de coffre-fort numérique dont vous seul avez la clé — cette clé, c’est votre compte Apple et son mot de passe. Apple ne donne accès à votre position à personne : la consultation de vos appareils passe uniquement par votre compte Apple. Aucun annonceur, aucun inconnu, aucun « je ne sais qui » ne peut ouvrir ce coffre à votre place. Uniquement vous.
Le bénéfice caché : en cochant cette case, vous activez aussi, sans le savoir, un antivol redoutable. Voici l’image juste : c’est comme une voiture qui ne démarrerait qu’avec votre clé à vous. Un voleur a beau l’emporter, il ne peut pas la faire rouler, ni la revendre à quelqu’un d’autre : elle ne sert plus à rien. Votre iPhone, c’est pareil. Même s’il vous le prend et qu’il efface tout, l’appareil réclamera votre mot de passe Apple avant de pouvoir resservir — un mot de passe que le voleur n’a pas. Il se retrouve donc avec un beau presse-papier.
Et si vous vous dites « je ne veux pas savoir comment ça marche » ? C’est très bien. Retenez juste une phrase : cette case rend votre appareil inutilisable pour un voleur, et n’importe quel curieux ne peut pas vous suivre avec. Le reste, c’est mon travail, pas le vôtre.
À l’inverse, décocher cette case ne vous rend pas « invisible » : ça vous prive juste de tout recours le jour où vous égarez votre Mac dans le train. Et ça transforme votre iPhone volé en appareil revendable. La vraie prise de risque, c’est de la laisser décochée.
Où vérifier : Réglages > votre nom > Localiser, sur iPhone. Et sur Mac : Réglages Système > votre nom > iCloud > Localiser mon Mac.
Quand ça coince
Les trois méthodes ci-dessus sont robustes — mais elles supposent une chaîne sans accroc : la personne à localiser doit avoir un compte Google actif, des autorisations de localisation correctement réglées sur son Samsung, et une connexion Internet stable. En pratique, ce qui bloque le plus souvent :
- Un compte Google ancien dont le mot de passe est perdu.
- Une autorisation de localisation refusée à l’installation initiale, et oubliée depuis.
- Une optimisation de batterie agressive sur le Samsung qui coupe Google Maps en arrière-plan, et donc le partage avec.
- Un partage WhatsApp qui ne s’affiche pas côté iPhone à cause d’une version trop ancienne ou d’une autorisation de localisation refusée sur l’iPhone aussi.
- Une double authentification Google qui se réveille au pire moment et bloque tout pendant que vous attendez la personne.
Ce sont de petits réglages — mais à distance, par téléphone, ils tournent vite au casse-tête, surtout si la personne en face n’est pas à l’aise avec son téléphone et qu’il faut lui faire décrire des écrans qu’elle ne reconnaît pas.
Questions fréquentes
La personne sait-elle que je la localise ?
Oui, toujours. Avec ces méthodes, c’est elle qui déclenche le partage depuis son Samsung et qui choisit la durée. Rien ne se fait dans son dos, et elle peut tout couper quand elle veut.
Est-ce que ça vide la batterie du Samsung ?
Le partage en direct consomme un peu, surtout sur de longues durées. Pour un usage continu (parent âgé), mieux vaut que le téléphone soit chargé régulièrement. Pour du ponctuel, l’impact est négligeable.
Faut-il payer quelque chose ?
Non. Google Maps, WhatsApp et Find Hub sont gratuits. Aucun abonnement n’est nécessaire pour partager une position.
Ça marche aussi d’un Samsung vers un iPhone ?
Oui, exactement de la même façon, dans les deux sens. Un utilisateur Samsung peut suivre la position partagée par un iPhone via Google Maps ou WhatsApp, sans rien installer de particulier.
Et si la personne change de téléphone ?
Tant qu’elle garde le même compte Google (ou le même numéro WhatsApp), le partage se reconfigure en quelques secondes sur le nouvel appareil.
Conseil Aucoeurdumac 👓
Pour un usage ponctuel, commencez par WhatsApp : c’est le plus indolore, le partage s’arrête tout seul, vous ne risquez rien.
Pour un parent âgé ou un ado, basculez sur Google Maps en mode « jusqu’à désactivation », et oubliez. C’est le meilleur compromis entre tranquillité et respect.
Google Find Hub, je ne le sors que pour les configurations familiales complexes : c’est puissant, mais il ne pardonne aucun paramétrage approximatif.
Et si vous voulez aller plus loin : couplez Google Maps avec un calendrier partagé. Vous voyez où la personne est, et ce qu’elle a prévu de faire. C’est le combo qui rassure le plus, sans devenir intrusif.
Vous voulez que ça fonctionne du premier coup ?
Configurer ces partages sur deux appareils, avec deux écosystèmes différents, devant soi, en 20 minutes : c’est exactement le type d’intervention où une visite à domicile change tout. Je viens, je configure les deux côtés, je teste avec vous, je vérifie au passage que vos réglages de confidentialité sont au bon endroit — et je vous laisse une fiche papier pour activer ou couper un partage sans moi.
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